bandeau_transparent_2016_08_02_bordure

Au Meeting Swann Oberson, les oranges bleues étaient pressées

Il y avait, dans une ville nommée Genève, un palais dans lequel on avait installé un grand bassin. Mais plutôt que d’y mettre du lait d’ânesse pour y laisser barboter des princesses, on y mit de l’eau de chlore et on invita des jeunes hommes et des jeunes femmes à s’y défier. Il en vint des centaines, de plusieurs contrées d’Europe, même de la très lointaine Russie et de la mère de tous les sports, la Grèce. Il y eut des sujet de la Couronne d’Espagne et de la Couronne des Pays-Bas. Mais aucune tête couronnée pour autant ! Ce tournoi porte le nom d’une ancienne guerrière de natation, qui s’est couverte de gloire en Extrême-Orient. Elle s’appelle Swann Oberson. Un jour, il faudra que les écrivains s’emparent de ce prénom.

  • ... et nagé 50 mètres
Pendant trois jours, il y eut des courses de natation dans des styles différents. Il y avait le crawl, le dos crawlé, la brasse (nage la plus lente) et puis le papillon. Le mouvement ressemble davantage à celui d’un dauphin qu’à celui d’un lépidoptère, mais j’aime l’idée romantique qu’exprime cette dénomination. Dans le papillon, le nageur, pour être efficace, doit exprimer puissance et grâce, être au-dessus de l’eau et, l’instant d’après, dans l’eau, dans un mouvement ondulatoire qui part des pieds. Assurément un grand prodige.

Le hollandais Arno Kaminga, au centre, a réussi la meilleure performance de cette compétition: 2’12″39 au 200 m brasse. Un temps de valeur mondiale!

Et puis quelle organisation ! Un vrai prodige là-aussi. Pour que les athlètes puissent se défier, il faut un jury, composé d’une quarantaine de personnes, avec des commandants, des lieutenants, des aides de camp. Un vrai bataillon en uniforme blanc, à la mécanique si bien huilée que l’on dirait une horloge helvétique.

Pendant ces trois jours, il y eut des vainqueurs, acclamés, et des vaincus, un peu ignorés. Il paraît que c’est le sport qui veut ça : des joies et des larmes. Mais toujours dans le respect des uns envers les autres. A ces joutes, les Hollandais furent redoutables. Ils ne laissèrent que des miettes aux autres. Encore un peu et ils creusaient la piscine comme Moïse écarta les eaux. Et comme ils étaient habillés en orange et bleu, le surnom fut vite trouvé: les oranges bleues!

Ces Hollandais étaient là pour préparer un tournoi autrement plus important, qui se déroulera l’été prochain en Calédonie. Sans doute, sont-ils repartis fin prêts, après avoir affolé le chronomètre comme jamais dans cette rencontre annuelle.

Belle philosophie de vie que la natation. J’en parlerai à mon maître, Pangloss, lui qui croit que tout est toujours pour le mieux. Il faut qu’il voit ça pour comprendre ce qu’est l’élégance combinée au goût de l’effort. Le plus réjouissant, c’est que l’on peut nager de 4 à 104 ans. Une activité physique éreintante, certes, mais qui vous laisse le sourire aux lèvres. Est-ce parce que l’on ne peut sourire que hors de l’eau ? Cela reste un mystère.

Comme j’ai pris goût à ce spectacle, je reviendrai l’année prochaine. Avec Pangloss et Cunégonde. D’ici-là, nous aurons cultivé notre bassin.

En savoir plus:

Share Button